JCFA 2020 : Les JCFA doivent survivre …

Analyse : Les JCFA 2020, malgré la richesse de sa programmation nous laissent un arrière-goût inachevé.  Après six ans d’existence, les JCFA  peinent encore à décoller.

Les faits : Il ne fait pas de doute que les premières années des JCFA ont connu une forte participation des femmes professionnelles. Ce qui n’est pas le cas ces dernières années où on observe de moins en moins d’engouement au niveau des femmes professionnelles de l’image. Cette 6ème édition en est la preuve palpable.

S’il est vrai que le contexte sécuritaire ces dernières années est un élément essentiel à la réussite de l’édition, l’absence criarde des professionnelles burkinabè de l’image devient culturelle.

En effet, à l’ouverture tout comme à la clôture de l’édition 2020,  plus de la moitié de la salle était essentiellement occupée par les étudiants de l’ISIS/SE; heureusement ! Le DG du Fespaco, avec toute la diplomatie qu’on lui connaît, a beau masquer la situation par des propos élogieux, le constat était réel…

Ainsi, de nombreuses comédiennes et réalisatrices ont purement choisi d’inscrire leurs noms dans le cahier d’absence des JCFA.  Ce qui est dommage pour un jeune festival comme les JCFA et pour nos braves professionnelles qui devraient pourtant donner le bon exemple. Le festival se déroulant dans notre pays, il nous appartient à nous femmes d’être au-devant pour montrer à l’Etat, aux partenaires et aux institutions tout notre intérêt à ces journées cinématographiques. Un tel engagement vaut son pesant d’or car il est aussi un bon indicateur pour les partenaires financiers. Ce n’est donc pas de bonnes guerres mes sœurs de l’image de prétexter ou d’accepter des invitations à l’extérieur pendant la tenue de ces journées cinématographiques. A la limite, si ce n’est pour une raison de santé, on pourrait se faire représenter à un festival partenaire sans que cela n’entache en rien à notre renommée. Autrement, nous devons faire des initiatives nationales comme le cas des JCFA des raisons majeures pour participer aux activités.  C’est un sacrifice et  c’est cela aussi être intègre. L’enfant intelligent dit-on, ” achète les beignets de sa mère. Là au moins, il est sûr que l’argent restera en famille”.

Si nous passons notre temps à prétexter des invitations à l’extérieur au détriment de nos propres initiatives à l’interne, nous ne devons pas nous étonner en fin de carrière d’être toujours à la case départ ou de constater que les lignes n’ont pas bougé d’un Yotta. Cela veut dire en termes clairs, que nous n’avons rien fait antérieurement pour mériter mieux que la médiocrité. Évidemment, celui qui n’a pas semé ne récolte rien !

En tous les cas, cette 6ème édition a suffisamment montré ses limites avec la faible participation des femmes réalisatrices à ces journées cinématographiques. C’est un constat qui pose d’énormes interrogations quant à l’avenir même de ces journées cinématographiques. Et il est de bon ton de se rattraper car nous pensons que les JCFA doivent survivre au regard des efforts du pays organisateur et de la volonté des Etats africains. Déjà que le Burkina  ne dispose pas suffisamment de moyens, faisons en sorte à bien profiter du peu mis à la disposition de nos festivals. Les JCFA sont pour nous ce que sont le Festival International du Film de Marrakech  au Maroc, le festival de Cannes en France, le Festival de Louxor en Egypte ou encore le Festival International de Films de Femmes de Creteil. 

C’est un défi que nous femmes devront relever pour donner de la crédibilité à l’évènement; d’où la nécessité d’un réveil patriotique dans les rangs des professionnelles de l’image et son.

Lire à ce propos les appréciations de quelques actrices du 7ème art. (voir la vidéo) :

Gwladys RoseMonde (GRM)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *