Fête de la musique au Burkina

Initiative française, la fête de la musique en 37 ans d’existence est célébrée aujourd’hui dans plus de 100 pays à travers le monde. Au Burkina, elle est célébrée depuis 14 ans avec un engouement croissant pour la musique.

Véritable outil de brassage culturel, la musique revêt un impact considérable sur le développement psychomoteur des enfants. Au-delà en effet de son rôle de socialisation, elle participe également à la lutte contre le chômage, la déscolarisation, les déperditions et les échecs scolaires des jeunes.

Pour cette 14ème édition, l’évènement a séduit aussi bien les adultes que les tout-petits qui ont montré un grand intérêt pour la musique et pour les chants. A l’institut Français de Ouagadougou où nous nous sommes déportés, la gaieté était au rendez-vous. Ainsi, de la “KFETE” au Jardin en passant par le petit Méliès, il y avait la joie et le sourire sur toutes les lèvres. Aux vibrations des cuivres des guitares se mêlaient les chants de la chorale, le son des violons et le bruitage de bouteilles vides. Pendant ce laps de temps que durait la cérémonie, l’air perdait progressivement sa pureté et se remplissait de bonnes odeurs de bouffes. Et tout cela semblait jouir d’une certaine bénédiction divine tant le moment était agréable. Pour tout dire, il y avait de la vie…

Pour Patrick HAUGUEL, Directeur de l’Institut Français, l’idée à l’occasion de cette fête de la musique était de renouer avec la tradition de la fête de la musique. ” On a fait un appel à candidature, nous avons eu une trentaine de groupes qui a voulu jouer ce soir. On a voulu renouer avec la tradition de la fête de la musique telle qu’elle a eu lieu à ses débuts en 1982 en France. Et l’idée, c’est d’avoir des propositions d’amateurs, de professionnels, de semi-professionnels et que tous ces gens partagent des émotions autour de la musique. On a fait une petite sélection pour avoir une qualité pour le public et puis le groupe “AMEM” que vous avez vu tout à l’heure a pu montrer des jeunes burkinabè utilisant le violon qui est un instrument difficile et qui a été apprécié par le public “, précise-t-il.

L’Institut Français qui a de nouveau ré- ouvert ses portes au public le sera définitivement selon son Directeur ” Nous le sommes définitivement, fermement pour le meilleur usage du public au bénéfice du public burkinabé qui peut venir à la médiathèque, écouter de la musique ou voir des films. Le programme est en ligne sur le site de l’Institut et également les réseaux sociaux”, confirme Patrick HAUGUEL.

La fête de la musique à ‘l’institut Français a été l’occasion aux uns et aux autres de s’essayer aux chants à travers la chorale de l’Institut Français “Ouaga-Kapela”. Ils sont 25 adultes de 14 nationalités que nous avons retrouvés en répétition dans le bâtiment de la rotonde peu avant leur prestation au petit Méliès.

“C’est une bonne fin d’année parce que tout le monde va en vacances et on ne se verra plus. Cette soirée nous a donné une belle opportunité de finir notre année de chorale”, se réjouit Harrie Willeme chef de la chorale de “Ouaga-Kapela”. Ceux qui désirent s’intégrer à la chorale, peuvent toujours le faire sans gêne car “beaucoup de gens se sont inscrits et y sont restés. La plupart des gens n’osent pas chanter parce qu’ils ont peur que la qualité de la voix ne soit pas bonne mais chez nous ce n’est pas un problème. Il faut faire de son mieux. L’objectif principal pour nous c’est d’avoir du plaisir avec de la musique et on aimerait faire mieux dans les limites du possible”, rassure le chef de la chorale.

Enfin, les enfants de l’Association Musicale pour les Enfants du Monde (AMEM) ont également émerveillé le public. Dirigée par la Violoniste Maria Behrens, l’AMEM qui n’a qu’un an d’existence a produit des résultats spectaculaires. Elles jouent parfaitement le violon. Elles, ce sont les filles de  l’AMEM d’un âge compris entre 08 et 12 ans et qui jouent parfaitement le violon. ” On est situé au quartier ” Wayalgin” et nous sommes ouverts à tous les enfants à partir de 6 ans. Ils peuvent venir chez nous, on donne des cours de musique, de vacances et des cours intenses de 4 semaines “, nous confie Maria Behrens, la responsable de l’AMEM.

Après l’institut Français, cap sur le “Stade de France”, un espace où de nombreux artistes burkinabè ont également presté. Le Stade de France”, une pénombre qui a rassemblé plus de 1 000 spectateurs pour célébrer la fête de la Musique en cette nuit du 21 juin 2019. Là également, la gastronomie était bien représentée. Au-delà de la musique qui crevait les tympans et les projecteurs éblouissants, le spectateur pouvait rincer ses yeux avec les belles hôtesses en tee-shirt blancs frappés de l’effigie “fête de la musique”. Mais c’est selon, puisqu’on avait aussi le choix de s’enivrer et noyer ses soucis “tranquillos”.

Ils seront au total 09 artistes à prester ce 21 juin au stade de France de Ouagadougou. Dj ALEXIS, l’organisateur en charge de l’évènement nous en parle” .

” J’avoue que c’est une soirée magnifique. En tant que promoteur je suis heureux et ravi. Pour cette soirée, il y a 9 artistes qui sont prévus. Demain vous aurez 08 et on va terminer le dimanche avec un groupe. Les difficultés principales cette année ont été les finances. J’avoue que financièrement, on a eu du mal à boucler le budget mais dans les années à venir, on a foi que les choses vont véritablement changer pour pouvoir réaliser une bonne fête de la musique à la hauteur de toutes les attentes des fans de la musique.”

Gwladys RoseMonde (GRM)

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