Coronavirus, la recherche mondiale …

Les faits .Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré, jeudi 30 janvier, l’urgence internationale pour le « 2019-nCoV », les chercheurs français et européens explorent tous azimuts des pistes de traitements.

Jeanne Ferney

Un mois jour pour jour après l’annonce des premiers malades du « 2019-nCoV » à Wuhan, en Chine, que sait-on de ce mystérieux coronavirus ? Et que reste-t-il à découvrir ? C’est pour répondre à ces questions brûlantes que trois chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont convoqué une réunion, vendredi 31 janvier, en présence de dizaines de journalistes.

« On commence à comprendre des choses », s’est réjoui le professeur Yazdan Yazdanpanah. Ainsi, le délai d’incubation du virus s’est affiné à « 5,8 jours en moyenne », indique le chef du service maladies infectieuses à l’hôpital Bichat, à Paris. Le taux de mortalité s’est lui aussi précisé : il se situe désormais entre 2 et 3 %, soit moins que le Sras (10 %) et le Mers (25 %), mais plus que la grippe (qui tue un malade sur mille).

On en sait aussi davantage sur la contagiosité du virus, semble-t-il assez similaire à celle du Sras avec un « R zéro » (soit le nombre moyen de personnes qu’un malade peut infecter) oscillant entre 1,4 et 2,5. À titre de comparaison, la rougeole, beaucoup plus contagieuse, présente un « R zéro » allant de 15 à 20…

Des questions sans réponse

Mais de nombreuses incertitudes demeurent, et elles ralentissent la mise au point d’« une stratégie d’intervention » efficace. « Pourquoi l’état de certains patients s’aggrave-t-il au septième jour ? s’interroge le Pr Yazdanpanah. Pourquoi des cas se sont-ils déclarés en France, en Italie, en Allemagne, mais pas en Angleterre ? Et comment expliquer que les enfants de moins de 15 ans soient très peu touchés ? On ne le sait pas, même si cette nouvelle-là est rassurante », souligne le médecin.

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« On travaille tous les jours, jour et nuit », assure Vittoria Colizza. Directrice de recherche à l’Inserm, cette scientifique d’origine italienne fait partie des infectiologues et virologues dont les dernières semaines ont été consacrées à mieux cerner le coronavirus.

Une charte de partage de données

Ce point d’étape visait aussi à rappeler l’importance d’une collaboration entre les pays dans un contexte d’épidémie internationale. « Si chacun travaille de son côté, cela va être difficile. Il est très important que la recherche soit collaborative », insiste le professeur Yazdanpanah.

Pour favoriser ces échanges, l’OMS a signé « une charte de partage de données » entre les pays membres, informe le médecin. Une « cohorte de patients français et européens » va par ailleurs être mise en place afin de mieux comprendre le fonctionnement et l’évolution du virus.

L’OMS devrait en outre organiser une réunion de recherche internationale « début février ». « En matière de traitement, rien n’a encore été validé, mais l’OMS va commencer un essai clinique international », signale le professeur.

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En réalité, les laboratoires français et européens n’ont pas attendu la réunion de l’OMS – qui s’est finalement décidé à déclarer l’urgence internationale après une semaine d’hésitations – pour partager leurs avancées. « En France, l’Institut Pasteur et le Virpath, à Lyon, ont travaillé ensemble pour mettre au point le test diagnostic que nous utilisons aujourd’hui », précise le Pr Yazdanpanah. Côté prévention, « un traitement post-exposition est à l’étude, qui permettra à ceux qui ont été en contact avec le virus, en particulier les soignants, de ne pas le développer ».

Source : Lacroix

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