Le Nobel de chimie « ciseaux moléculaires » Crispr-Cas9

Enquête . La Française Emmanuelle Charpentier et l’Américaine Jennifer Doudna ont remporté le prix Nobel de chimie pour la mise au point des « ciseaux moléculaires » Crispr-Cas9. Cet outil permet d’éditer rapidement et facilement le génome, mais soulève de nombreux débats éthiques.

Audrey Dufour

Depuis la mise au point de la technique, en 2012, les couloirs de l’Académie suédoise des sciences bruissaient de leurs noms. Mercredi 7 octobre, la Française Emmanuelle Charpentier et l’Américaine Jennifer Doudna ont finalement reçu le prix Nobel de chimie pour leurs travaux sur l’édition du génome et notamment la technique Crispr-Cas9.

Un outil très répandu dans la recherche

De façon très schématique, ces « ciseaux moléculaires » reviennent à couper un fragment d’ADN et à le remplacer par une autre séquence de son choix. Par rapport aux précédentes techniques de modification génétique, il ne s’agit plus seulement de rajouter un fragment qui viendrait se superposer à une portion défectueuse, mais véritablement de couper-remplacer le morceau choisi. Surtout, l’ensemble Crispr-Cas9 permet cette édition du génome à faible coût, pour quelques dizaines d’euros.

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« C’est un outil facilement reprogrammable et simple d’utilisation », détaille David Bikard, responsable du laboratoire de biologie de synthèse à l’Institut Pasteur. Aujourd’hui, tous les laboratoires de recherche s’en servent, pour tout et partout dans le monde. » « À une époque, utiliser Crispr-Cas9 justifiait en soi une publication scientifique, ce n’est plus le cas tant l’usage s’est banalisé », appuie Guillaume Levrier, membre du Cevipof et spécialiste des enjeux institutionnels de l’édition du génome.

Des embryons génétiquement modifiés

C’est l’ampleur de cette révolution technique qui justifie ce choix pour le prix Nobel alors que le jury préfère en général attendre plusieurs années pour s’assurer de l’importance de la découverte dans l’histoire des sciences. « Mais ce nouvel outil apporte aussi son lot de nouvelles questions éthiques, économiques et de société », résume Patrick Gaudray, généticien au CNRS.

Source : lacroix.com

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