Meilleure campagne Présidentielle : Donald Trump ou Joe Biden ?

Débat .Marquée par une double crise majeure, par des affrontements violents dans plusieurs villes, ou par l’ancrage conservateur de la Cour suprême, la campagne américaine qui s’achève n’a pas d’équivalent dans l’histoire. Chacun des deux candidats a eu sa propre stratégie pour capter les électeurs.

« Joe Biden a fait preuve d’un sens du compromis »

Jean-Éric Branaachercheur en relations internationales à l’université Paris 2 Panthéon-Assas, auteur d’une biographie de Joe Biden (1)

« Sans la moindre réserve, c’est Joe Biden qui a fait la plus belle campagne. La couverture médiatique dit qu’il n’a rien fait et qu’il s’est terré dans sa cave, mais c’est un homme politique extrêmement expérimenté, et un homme de terrain. S’il s’est mis en retrait pour cette campagne, c’est que cette stratégie marchait formidablement bien !

On peut discerner trois phases dans la campagne de Joe Biden. Durant la première, il s’inscrit dans la lignée de Barack Obama, répète du matin au soir que l’enjeu principal est de chasser Donald Trump de la Maison-Blanche, et se pose en meilleur candidat pour le faire. Le deuxième temps, c’est l’arrivée du Covid-19. À partir de là, Biden n’a plus grand-chose à faire. Il comprend que son intérêt est de laisser Trump seul sur le champ de bataille, en partant du principe que le pire ennemi de son adversaire, c’est lui-même. Et de fait, Trump a inquiété les Américains en organisant de grands meetings, en multipliant les déclarations intempestives, et en s’enfonçant dans sa logique anti-masques.

Enfin, Joe Biden a construit un programme, ce que Trump s’est refusé à faire. Dès sa nomination en avril, Biden s’est efforcé de tendre la main aux candidats malheureux. Il a créé huit commissions de travail, chacune présidée par deux personnes : une de son camp, une autre issue des rangs progressistes du parti démocrate, que représentent Bernie Sanders ou Elizabeth Warren. Il est ainsi parvenu à réunir son parti, tout en mettant des limites, avec un pragmatisme et un sens du compromis qui frôlent le génie. Cela lui a permis, une fois la réconciliation achevée dans son parti, de se tourner vers les indécis et les républicains modérés.

Ces dernières semaines, Joe Biden n’a eu de cesse de marteler qu’il sera le président de tous les Américains. Il envisage d’ores et déjà d’intégrer des républicains modérés dans son gouvernement. Difficile de dire si cette stratégie sera payante, tant la société américaine est clivée. Je ne suis pas certain qu’il ait réussi à pénétrer l’électorat républicain, et il est probable que la nomination d’Amy Coney Barrett a annulé son avantage dans l’électorat catholique.

Néanmoins, les sondages montrent que les démocrates sont de plus en plus nombreux à choisir Biden par adhésion, plutôt que par défaut. C’est le résultat d’un programme construit de sorte à apporter des réponses précises aux attentes des Américains, que la crise inquiète. Son calme, enfin, son côté posé et sa promesse de rassembler rassurent, à l’heure où les tensions qui traversent la société américaine ont été exacerbées par la pandémie. »

► « Donald Trump a réussi à conserver une image d’outsider »

Paris Procopis, éditorialiste, blogueur et auteur pour le site conservateur du Wisconsin Wisconsin Conservative Digest

« En 2016, Donald Trump était vu avec méfiance par un grand nombre de républicains, y compris moi. On se demandait s’il était un démocrate caché. Nous n’étions pas à l’aise avec son comportement et certaines de ses déclarations. Mais quatre ans plus tard, alors que son premier mandat se termine, il a réussi à convaincre les plus hésitants.

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