MeToo du judo français : prenons exemple sur le handball !

Le journal Le Parisien a publié ce lundi une longue enquête sur des violences dans le judo français. Pour Virginie Phulpin, on a l’impression de revivre ce qui s’est passé dans le patinage, avec des victimes que l’on n’a pas voulu écouter.

 C’est ça le plus inquiétant. Il y a des clubs, et des fédérations qui ne veulent rien voir. Quand on lit les témoignages recueillis par le Parisien, des victimes ont tenté d’alerter sur les violences qu’elles avaient subi. Résultat, ce sont elles qui ont été mises à l’écart et pas leurs agresseurs. Surtout, pas de vagues. On a l’impression que c’est une devise largement partagée. On préfère faire taire les plaignantes que de s’attaquer au vrai problème. Parce qu’on parle de faits très graves : des violences sexuelles, des humiliations, de la maltraitance pendant les entraînements, et tout ça avec des mineurs pour victimes. Alors la fédération de judo a réagi dans un communiqué, en condamnant les violences et en remerciant les athlètes qui ont brisé le silence et qui permettent de libérer la parole. Très bien, tant mieux s’il y a une prise de conscience, mais ça sent un peu le réchauffé tout ça. Il a fallu attendre la publication de ces témoignages pour qu’il y ait une réaction. Alors qu’il y a eu des alertes bien avant, il y a eu des témoignages directement auprès des clubs, sans qu’il ne se passe rien, sans que ça remonte jusqu’au sommet de la fédé. Si on traduit, tant que le grand public n’est pas au courant, pas vu pas pris, on ne bouge pas.

Il y a quand même eu des évolutions ces derniers mois.

Oui bien sûr. Le ministère des Sports a mis en place une cellule pour recueillir les témoignages des victimes. C’est une vraie avancée, il y a déjà eu des dizaines d’appels. Et puis il y a des fédérations qui montrent l’exemple.La fédé de handball a mis en place un plan de prévention des violences pour contrôler les encadrants, pour sensibiliser et écouter les victimes et pour former les acteurs du hand. Le travail a commencé il y a deux ans déjà, mais aujourd’hui c’est un vrai plan au niveau fédéral qui a vu le jour fin octobre. Et pour Virginie Phulpin, les autres fédés doivent suivre ce mouvement essentiel. Il ne faut pas attendre qu’un scandale éclate pour se réveiller.Et puis, le sport ne peut pas pousser à accepter la souffrance. Les jeunes ne doivent plus se dire qu’ils sont obligés de tout encaisser pour réussir dans ce milieu très concurrentiel. Ça a longtemps été la norme dans le sport. Il faut changer de philosophie. Le ministère a pris ce virage, certaines fédés aussi, et les autres doivent suivre. Et vite.

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