Élection américaine : comment Trump et Biden peuvent encore chacun l’emporter

D’un point de vue comptable, c’est Biden qui fait la course en tête. Mais Trump n’est pas vaincu, loin de là. Voici les scénarios envisagés par les candidats.

Ils ne sont plus que cinq. Cinq États qui n’ont pas encore délivré l’ensemble de leurs résultats : la Géorgie, la Pennsylvanie, le Michigan, le Wisconsin et la Caroline du Nord. Ce sont les derniers à ne pas avoir été attribués et ce sont ces cinq-là qui vont départager les deux candidats. En effet, aucun des deux hommes n’a emporté le scrutin, contrairement à ce que laissaient entendre leurs déclarations dans la nuit de mardi à mercredi. « Franchement, nous avons gagné cette élection », a lancé Donald Trump sous les vivats à la Maison-Blanche quelques heures après un discours presque similaire de Joe Biden, qui estimait être « sur la voie de la victoire ». Si on se fie aux chiffres, aucun n’est élu pour l’heure. Joe Biden va emporter le vote populaire, ce qui était attendu, mais ni l’un ni l’autre n’est éliminé. Ils conservent chacun une bonne chance d’être élu. Voici comment.

Tout d’abord, on constate que le raz de marée démocrate, annoncé par certains sondeurs, n’a pas eu lieu. Loin de là. C’est même Donald Trump qui a remporté les deux plus gros swing states de la soirée : la Floride et l’Ohio. De son côté, Joe Biden a emporté un État primordial : l’Arizona. Mercredi matin, Joe Biden avait 238 grands électeurs et Donald Trump, 213. Biden est donc favori, sachant que c’est celui qui arrive à 270 qui l’emporte in fine.

Vers la Cour suprême ?

Restent les cinq États encore en balance : la Pennsylvanie (20 grands électeurs), la Géorgie (16 grands électeurs), la Caroline du Nord (15 grands électeurs) et le Wisconsin (10 grands électeurs). L’équipe de Biden assure que la Géorgie va basculer de son côté, car les votes qui n’ont pas été dépouillés viennent des grandes villes, favorables à son candidat. Ce serait une surprise, on pensait l’État ancré côté républicain, mais ça semble toutefois – à l’heure actuelle – le scénario le plus probable. Biden serait alors à 254 grands électeurs. Dans ce cas, s’il emporte deux des quatre États encore en jeu, il est élu président. S’il gagne ne serait-ce que le Michigan ou la Pennsylvanie, aussi. Une victoire en Caroline du Nord l’amène à 269 grands électeurs, soit un de moins que la barre fatidique. Autant dire qu’une victoire de Biden en Géorgie lui ouvre sérieusement les portes de la Maison-Blanche.

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Autre cas de figure : Trump emporte la Géorgie, il est alors à 229 voix. Sa dynamique très favorable en Caroline du Nord devrait lui assurer 15 électeurs de plus, soit 244. S’il emporte deux des trois États du « mur bleu » (Wisconsin, Pennsylvanie et Michigan), il décroche un second mandat.

Du point de vue comptable, c’est Joe Biden donc qui fait la course en tête. Mais on le sait désormais, le scrutin pourrait aller jusqu’à la Cour suprême. Et là, les chiffres sont favorables aux républicains : 6 des 9 juges qui la composent sont conservateurs.

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