Kamala Harris : la nouvelle Amérique féminine et multiraciale

Portrait .Première femme noire vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris a constitué avec Joe Biden un ticket gagnant inédit lors de cette élection présidentielle américaine. Oscillant entre progressisme et conservatisme, elle est bien placée pour pousser les nouvelles priorités de la présidence : «Unir notre pays et guérir l’âme de notre nation.».

  • Marie Verdier, 
Kamala Harris lors du discours du 7 novembre 2020.A

Première femme vice-présidente des États-Unis, première « femme noire » comme elle se définit (fille d’un père jamaïcain et d’une mère indienne), Kamala Harris a déjà sa place dans l’histoire. Elle a doublement percé le plafond de verre en accédant à la deuxième plus haute marche du pouvoir américain, potentiel tremplin pour gagner la magistrature suprême dans quatre ans.

Joe Biden, qui fêtera ses 78 ans le 20 novembre, a laissé entendre qu’il ne briguerait pas de second mandat en 2024. Lui l’homme blanc, symbole de la vieille Amérique, pourrait passer le flambeau à sa colistière, qui incarne la nouvelle Amérique féminine et multiraciale.

Élue sénatrice en 2016, Kamala Harris, 56 ans, a été en 2004 la première femme noire procureure de San Francisco, puis la première procureure générale de Californie en 2010. Pour parfaire son profil qui embrasse la diversité américaine, baptiste, elle a épousé un avocat juif père de deux enfants.

« La femme la plus responsable de ma présence aujourd’hui, ma mère »

C’est sa mère, Shyamala Gopalan Harris, décédée en 2009, qui est « la femme la plus responsable de (sa) présence ici aujourd’hui », a-t-elle fait valoir lors de son discours de victoire samedi 7 novembre au soir à Wilmington, dans le Delaware. Elle qui « croyait si profondément en une Amérique où un tel moment est possible ».

Issue d’une grande famille indienne, sa mère s’est doublement battue pour l’égalité hommes-femmes et pour l’égalité entre les races. Pour fuir les études en sciences domestiques imposées aux filles dans l’ancien Empire britannique, à 19 ans, elle débarque seule en Californie où elle devient chercheuse en cancérologie. Femme de couleur, elle trouve vite sa place dans les mouvements noirs naissants au début des années 1960 au sein de l’université de Berkeley, comme le rapportait le New York Times en septembre.

« Bien placée pour résister aux tempêtes »

C’est donc à sa mère et aux générations de femmes noires qu’elle a rendu un vibrant hommage, ainsi qu’aux « femmes asiatiques, blanches, latines et amérindiennes (…) qui se sont battues et ont tant sacrifié pour l’égalité, la liberté et la justice ». Kamala Harris veut marcher dans leur sillage pour que « chaque petite fille qui regarde ce soir voie qu’il s’agit d’un pays de possibilités ».

À tous les Américains elle a promis « un dur labeur » pour vaincre la pandémie de coronavirus, reconstruire l’économie, éradiquer le racisme, combattre la crise climatique, sans oublier, parmi les nouvelles priorités de la Maison-Blanche, celle d’« unir notre pays et guérir l’âme de notre nation ».

Même si elle a baigné enfant dans le militantisme p pour une justice raciale, son positionnement oscillant entre progressisme et conservatisme a pu lui être reproché. Tout comme sa prudence. « Une forme d’autoprotection », défend le sénateur Cory Booker évoquant la rudesse de l’univers politique face à une femme noire brisant les barrières. Mais « c’est aussi ce manque de rigidité idéologique qui fait qu’elle est bien adaptée à la vice-présidence, un rôle qui oblige de tempérer les opinions personnelles », soulignent Lisa Lerer et Sydney Ember, deux journalistes politiques du New York Times.

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