Hélène SEBGO à propos du 8 Mars :  » Le droit d’accès à la terre n’est toujours pas reconnu à la femme »

Dans le cadre de la célébration du 8 mars 2021, nous sommes allés à la rencontre de Hélène SEBGO, la cheffe de service de la RTB2 dans la Boucle du Mouhoun. Depuis les années 84 en effet, les femmes célèbrent chaque 8 mars la journée dédiée à la promotion des droits de la femme. Plus d’une décennie après, quels sont les acquis engrangés par les femmes burkinabè ? Hélène SEBGO nous point le point …

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Depuis l’instauration au niveau internationale de cette journée du 8 mars en 1977, nous pouvons citer le droit de votes accordé aux femmes, l’implication des femmes dans les sphères politiques et économiques et les formations professionnelles dédiées aux femmes. Avec l’instauration de cette journée du 8 mars, les femmes ont compris qu’elles sont égales à l’homme. Et cette égalité de sexe renvoie à une égalité de genre dans l’exercice professionnel des métiers. Donc il y a des avancées significatives.

Au plan national depuis les années 84, la situation de la femme burkinabè a considérablement évoluée dans tous les domaines d’activité. Aujourd’hui, si de nombreuses femmes occupent de postes de responsabilités c’est entre autres lié à la scolarisation de la jeune fille. Les métiers jadis réservés aux hommes sont pratiqués aujourd’hui par les femmes; toute chose qui me permet de dire que la femme est libérée de l’assistanat de l’homme.

Cependant, il y a encore des défis à relever, des pratiques discriminatoires dont sont victimes les femmes burkinabè. Je veux parler de l’excision, le lévirat malgré les textes qui les interdisent. Enfin, le droit d’accès à la terre qui n’est toujours pas reconnu à la femme Pendant que les textes permettent à la femme d’avoir accès à la terre au même titre que l’homme, sur le terrain, c’est autre chose.

A la question de savoir si la gente féminine a été solidaire autour de la Candidate Yéli Monique KAM à la présidentielle 2020, je ne pense pas que ce soit une question de solidarité. A mon sens, c’est tout simplement un manque de stratégie de la part de cette unique candidate aux élections de 2020. C’était une très belle initiative et de l’audace de sa part. Mais sa candidature est venue comme un cheveu dans la soupe si je peux le dire ainsi. La candidate en question n’a pas pris le temps d’étudier le terrain car 52% de la population burkinabè sont des femmes; ce n’est pas rien ! A mon avis, elle aurait dû commencer par explorer ce potentiel électoral, communiquer suffisamment autour de son programme de société avant de le proposer aux burkinabè ; ce qui n’a pas été le cas. Vous savez que tout électeur avant d’accorder sa voie à un candidat a besoin qu’une relation de confiance soit établie entre ce candidat et lui. Les burkinabè ou particulièrement les femmes ne connaissaient pas la Candidate Monique Yéli KAM. En ce qui me concerne particulièrement, je ne la connaissais pas ! Sinon de nature les femmes sont solidaires entre elles bien que  parfois, on note souvent quelques mesquineries.

Pour ce qui est de la création d’une coalition de femmes de type « Burkina Women Force One » pour reprendre votre jargon, je crois que c’est possible ! pourquoi pas ? Il faut même que des initiatives de ce genre existent déjà. Je peux citer la coalition burkinabè pour les droits de la femme, la marche mondiale de la femme et une plateforme de référencement des expertises féminines nationales. Je suis convaincue qu’un jour nous y arriverons.

Que ferez-vous ce 8 mars ?

Pour ce 8 mars et en tant que responsable administrative, je serai déjà le 7 mars dans une commune rurale dans les environs de Bagassi pour assister à la course de la pédale portée par une association féminine (la fraternité) à l’endroit des femmes rurales.

Le 08 mars maintenant, nous serons au studio pour notre émission consacrée à la jeunesse. A l’occasion, nous parlerons du leadership féminin et d’entreprenariat féminin avec les jeunes filles de Dédougou.

Je souhaite une très belle fête à toutes les femmes du Burkina

Artistes.BF

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