Sport : Annick PIKBOUGOUM, membre du Conseil de Leadership africain, un honneur fait à la femme ..

C’est en début Mars 2021 que cette brillante passionnée du sport notamment, pour le sport des personnes vivant avec un handicap a été nommée par le bureau Afrique de Special Olympics. Depuis donc le 03 mars, Annick PIKBOUGOUM puisque c’est d’elle qu’il s’agit devient ainsi membre du Conseil de Leadership africain. Pour en savoir davantage sur la structure et sur toutes cette armature de terminologie et de vocabulaire sportifs, nous avons rencontré Madame PIkBOUGOUM.

Portrait, parcours et défis de cette ancienne joueuse de Handball dans cet entretien. Vidéo

Je suis Mme Annick PIKBOUGOUM/ZINGUE, Professeur d’Education Physique et Sportive de formation. Je suis la Directrice exécutive nationale de Special Olympics Burkina

Sur le plan sportif, je suis une ancienne joueuse de handball en club, en équipe nationale et à l’international. Au niveau associatif, j’œuvre pour la promotion du sport de façon générale et du sport féminin en particulier notamment, le handball et le football. Spécifiquement, je suis dans le sport santé et dans le sport pour personne vivant avec un handicap en général et du sport pour déficient intellectuel en particulier.

Qu’est-ce que cela vous fait d’être nommée  membre du Conseil Africain de Leadership de Special Olympics » ?

Bon….  C’est le couronnement peut-être de près de deux décennies de travail, d’acharnement. C’est une reconnaissance ; non pas pour ma modeste personne mais pour le Burkina. Ce qui est important de savoir, c’est qu’à Special Olympics, il faut pouvoir être à la hauteur. Comme je vous le disais tantôt, la forme d’organisation à Special Olympics, il faut annuellement être accrédité. Or, ne peut être accrédité que celui qui est actif sur le terrain et qui organise des activités. Alors, l’une des particularités, voire le mérite du Burkina Faso, c’est de n’avoir jamais eu d’interruptions sportives en la matière. Je pense que quelque part, c’est une consécration pour notre pays à travers certainement, ma modeste personne.

En quelques mots, comment peut-on présenter aux internautes le « Special Olympics Burkina » ?

Special Olympics Burkina est une organisation sportive internationale qui œuvre pour la promotion du sport pour personnes ayant une déficience intellectuelle pour leur inclusion et leur bien être dans la société. Officiellement, Special Olympics Burkina existe depuis 1968 et son siège est à Washington DC. Mais au Burkina, la structure sportive existe depuis 1991. Depuis lors, nous nous frayons le chemin pour permettre à des milliers d’enfants et d’adultes de déficients intellectuels d’avoir accès à l’activité physique et au sport.

Combien de directeurs ou directrices se sont succédés à la tête de cette organisation sportive ?

C’est l’occasion pour moi de rendre hommage à mes prédécesseurs pour le travail abattu. La première Directrice nationale a été Madame Rosalie BASSOLET qui a mis en place les fondements de la structure, suivie de Monsieur Alexandre YOUGBARE qui a fait grandir la structure. Nous sommes donc la 3ème directrice depuis 2003 pour apporter notre petite touche pour le rayonnement de ce mouvement sur le plan national avec de nombreuses médailles apportées au pays.

Combien de disciplines compte Spécial Olympics? 

SOB compte neuf disciplines sportives qui sont : le football, le basketball, le bocce, le judo, le cyclisme, l’athlétisme, le power lifting, la natation et le floorball. Cette liste n’est pas exhaustive.

Comment faites-vous face à cette crise sanitaire ?

Dans le cadre de notre programme d’activité malgré la situation de la COVID19, l’année passée nous avons lancé le concept de jeux virtuels qui a très bien marché.  Les jeux virtuels concernaient l’athlétisme, le cyclisme et le basketball où les athlètes travaillaient individuellement sous couvert d’un coach et de volontaires. Et ainsi, par le biais des vidéos envoyés via une plateforme, nous avons pu faire nos classements et avoir nos champions. Cela a été une grande première. Nous l’avons expérimenté et je crois que le niveau africain et mondial a pris l’exemple. Beaucoup de programmes ont ainsi pris cet exemple. Aujourd’hui, nous avons déjà entamé la deuxième édition avec l’athlétisme, le basketball, le bocce et le football.

L’objectif de ces jeux, justement est de renforcer le système immunitaire de nos athlètes, qui font partie des personnes vulnérables, face à la Covid-19. Il est alors question, en plus des activités physiques et sportives, de leur apprendre comment bien faire à la pandémie, à travers les mesures barrières édictées par Special Olympics International, le Ministère de la Santé et l’OMS. A cet effet, nous leur montrons les bonnes techniques de lavage de mains, l’utilisation des solutions hydro alcooliques, la question des distanciations, le port du masque, etc.

Bien entendu, grâce à des partenaires clés comme Light For The World et l’OCADES Burkina, nous leur offrons les matériels nécessaires dans ce sens. 350 athlètes profiteront de cette activité innovante et inédit.

Quels seront vos défis ?

Les grands défis, c’est de pouvoir travailler à donner un meilleur visage à Spécial Olympics Burkina. Comme vous le savez, nous n’avons pas encore un siège digne de ce nom. Il s’agit donc de travailler de sorte à donner plus d’autonomie à Special Olympics Burkina sur le plan organisationnel ou structurel. Depuis des années, nous avons suffisamment fait nos preuves et il est temps aujourd’hui que Special Olympics Burkina ait son « Chez lui… » si je peux m’exprimer ainsi. Notre défi c’est d’œuvrer à disposer d’un espace avec plusieurs infrastructures où les athlètes pourront s’entrainer, se former et participer activement à la vie de la Nation.

Aujourd’hui, Special Olympics Burkina est présent dans environ 20 provinces sur les treize régions. Notre souhait est de pouvoir couvrir les 45 provinces que compte le pays afin de donner la chance toutes les personnes vivant avec une déficience intellectuelle de jouir des bienfaits des activités physiques et sportives pour leur bien-être et surtout l’inclusion. Ceci est notre deuxième défi.

Le troisième défi, c’est d’avoir plus de volontaires qui nous accompagnent. Aussi, que nous puisons avoir le soutien de toutes les institutions publiques et privées, les d’ONG qui œuvrent dans le domaine pour qu’ensemble nous puisons avancer.

Enfin, c’est de toujours permettre à nos athlètes de participer aux compétitions nationales et internationales surtout, c’est un des objectifs majeurs de Special Olympics International.

Votre dernier mot ?

Mon dernier mot, c’est de remercier d’abord ArtistesBF d’avoir pensé à moi.

La prochaine compétition ce sont les Jeux mondiaux d’hivers de Khazan en janvier 2022 et nous espérons pouvoir compter, une fois de plus, sur l’accompagnement de notre ministère de tutelle à qui je traduis toute ma reconnaissance et celle de tous les athlètes de Special Olympics Burkina pour l’accompagnement dont ils ont toujours bénéficié durant ces années. Ça n’a jamais été facile mais le ministère des sports a toujours été à nos côtés pour nous accompagner. Depuis sa création, SOB a toujours bénéficié de l’accompagnement des différents Ministres des Sports. Nous venons d’être reçus par le nouveau ministre, Monsieur Dominique André Nana, que nous remercions du fond du cœur pour la vision qu’il affiche à l’égard de nos athlètes. Nous souhaitons l’accompagnement des autres départements du Gouvernement pour le challenge, car Special Olympics, c’est aussi la dimension santé, sociale, éducative, économique, etc.

Ma reconnaissance va à l’endroit :

– des différents ministères et institutions qui nous soutiennent ainsi qu’à nos partenaires qui se reconnaîtront parce que je ne pourrai pas tous les citer,

– des membres du conseil d’administration, du bureau exécutif et surtout des coaches et des volontaires pour le travail qu’ils abattent chaque jour.

Je n’oublie pas les parents qui ont cru en nous et qui continuent de nous confier leurs enfants, parce que ce n’est pas toujours évident. C’est le lieu aussi d’attirer l’attention de tous les parents qui hésitent encore et qui continuent de croire que leurs enfants ne peuvent rien faire. A ces parents, nous leur disons que c’est toujours possible ! Il y a de la place pour tous ; tout le monde peut apporter quelque chose à cette nation d’une façon ou d’une autre. Il y en a même qui ramènent des médailles et qui font briller le flambeau du Burkina Faso hors du pays.

Enfin, nous informons tous les parents qu’il y a du sport ou de l’activité physique au profit des enfants ayant une déficience intellectuelle et que nous sommes disponibles à les accompagner.

Ahoua Felicite KIENDREBEOGO

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