Tchad : l’ancien président tchadien Hissène Habré est décédé

L’ancien dictateur tchadien Hissène Habré est décédé ce mardi du Covid-19. Il avait 79 ans.

Alors qu’il purgeait sa peine de prison à vie depuis 2016 pour crimes contre l’humanité à l’issue d’un procès sans précédent, l’ex-président avait dû être hospitalisé au Sénégal après avoir contracté le coronavirus. Le ministre sénégalais de la Justice Malick Sall a indiqué son décès mardi.

« Habré a été remis entre les mains de son Seigneur« , a déclaré le ministre sur la chaîne TFM. Les médias sénégalais ont rapporté qu’il avait succombé au Covid-19.

Il y a une semaine encore, son épouse en alliance avec trois organisations civiles demandaient dans un communiqué que les conditions de détention du défunt président soient aménagées. De par son âge et les conditions sanitaires actuelles, ils espéraient que des dispositions soient prises pour préserver sa santé.

« Vu son âge et vu son état de santé et aujourd’hui vu la situation de la crise sanitaire que traverse le monde, on aurait pu éviter (sa mort) en le libérant et en le laissant juste à la maison pour des soins médicaux. Mais malheureusement l’Etat sénégalais n’a pas réagi, et malheureusement les dirigeants africains n’ont pas réagi« , dit Kelly Chidi Djorkodei, le neveu d’Hissène Habré.

Et à ceux qui évoquent la disparition de Hissène Habré comme celle de « l’un des dictateurs les plus impitoyables » de l’Histoire, Kelly Chidi Djorkodei répond : « L’Afrique a perdu un fidèle, un patriote, un panafricaniste et un homme commis d’Etat. Il a laissé un grand vide que personne ne peut combler« .

De son côté, le collectif des victimes de Hissène Habré, tout en lui reconnaissant le droit à un traitement humain et à des soins, s’est toujours fermement opposé à tout régime de faveur, en faisant valoir qu’il n’avait pas montré de mansuétude à leur égard et qu’il ne leur avait toujours pas versé le moindre centime sur les 82 milliards de francs CFA (125 millions EUR) auxquels il a été condamné selon elle.

La bête noire du Tchad

Hissène Habré, qui a dirigé le Tchad de 1982 à 1990, a été condamné le 30 mai 2016 à la prison à vie à l’issue d’un procès inédit à Dakar, après avoir été déclaré coupable de crimes contre l’humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement. Une commission d’enquête tchadienne a chiffré à 40 000 morts le nombre des victimes de la répression sous le régime Habré.

Hissène Habré, renversé en 1990, avait trouvé refuge au Sénégal, où, sous la pression internationale, les conditions de son procès avaient été créées et où il avait été arrêté en 2013 et inculpé par un tribunal spécial instauré en coopération avec l’Union africaine.

Source africanews

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