Élections en Allemagne. Qui est Olaf Scholz, l’homme qui se voyait chancelière ?

Parti de très loin, Olaf Scholz, le candidat du parti allemand SPD, a réussi à renverser la tendance pour terminer en tête des élections fédérales en Allemagne dimanche. Jouant sur sa longue expérience et une motivation sans faille.

© WOLFGANG RATTAY / REUTERS Olaf Scholz célèbre le score de son parti lors d’un meeting à Berlin ce lundi 27 septembre 2021, au lendemain du scrutin.

Les électeurs veulent que le prochain Chancelier s’appelle Olaf Scholz​. À la troisième personne et avec une confiance en soi à toute épreuve, ce sont les premiers mots du candidat social-démocrate de 63 ans, ce dimanche 26 septembre au soir, à l’annonce des résultats.

Une confiance qui n’a jamais quitté cet avocat en droit du travail originaire de la région d’Osnabrück, une ville située en Basse-Saxe, au nord-ouest de l’Allemagne, même lorsque les sondages plongeaient la gauche, et ses ambitions de pouvoir, au fond du trou.

Une ascension graduelle

Il a grimpé un à un les échelons de son parti. Secrétaire général entre 2002 et 2004, Scholz est l’un des derniers rescapés de l’équipe de Gerhard Schröder (Chancelier de 1998 à 2005). Son nom, pour beaucoup de militants, est associé aux réformes radicales du marché du travail – destinées à réduire drastiquement le taux de chômage – qui bouleversèrent la gauche allemande entre 2003 et 2005.

C’est à Hambourg, sa ville d’adoption, qu’après avoir été ministre régional de l’Intérieur, il réalise l’exploit d’atteindre, en 2011, la majorité absolue aux municipales, avant d’être réélu en 2015. Dans cette période difficile pour son parti, Olaf Scholz apparaît alors comme un des seuls espoirs de la gauche.

Un style bien à lui

Sa communication, très maîtrisée, ses explications, très longues, son visage, souvent fermé, l’ont fait surnommer « Scholz-o-Mat », Scholz l’automate. Pourtant, Olaf Scholz sait aussi se montrer rieur, voire taquin… Au détriment de ses rivaux mais désormais, peut-être, futurs partenaires de coalition.

Lors d’un des derniers débats électoraux, content d’avoir piégé son rival Armin Laschet sur la question du logement, il ne peut s’empêcher de grimacer. Ou bien de tacler, lors d’un meeting à Potsdam, sa collègue écologiste Annalena Baerbock, en chute dans les sondages : Tu sais, Annalena, deuxième, c’est déjà devant​.

Déchu par son parti, puis rappelé

Déjà ministre du Travail d’Angela Merkel de 2007 à 2009, il la retrouve comme ministre des Finances à partir de mars 2018. À ce poste il peaufine son image internationale en œuvrant particulièrement pour la mise en place du taux minimal d’imposition mondial pour les sociétés.

Gros coup de frein pourtant, en 2019 : son parti lui préfère Saskia Esken et Norbert Walter-Borjans, inconnus du grand public, pour présider le présider. Retournement un an plus tard : le SPD le rappelle alors qu’il accuse 20 points de retard sur la CDU en août 2020.

L’outsider plus proche que jamais de son objectif

Et l’outsider Olaf Scholz finit la course en tête. L’actuel vice-chancelier a parfaitement joué le rôle de troisième larron, profitant des bourdes et faiblesses de ses concurrents, tout en coupant court aux soupçons de scandales financiers qui le menaçaient.

Celui qui disait pouvoir devenir Chancelière ​pourrait réussir son pari osé de tourner la page de seize ans de pouvoir d’Angela Merkel et de la droite allemande. Une fois la coalition trouvée. Et sous réserve d’être approuvé par le Parlement.

Source : msn.com/fr

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