Affaire Serge Aimé Coulibaly : une belle pilule amère !

A propos de cette affaire entre Ministre en charge de la culture et du Chorégraphe Serge Aimé Coulibaly, les idées affluent, les langues se délient et chacun y va de ses commentaires.

La pilule de toute part est dure à avaler mais l’intérêt général nous commande d’avancer étant donné qu’une issue heureuse ait déjà été trouvée à l’affaire.

 » Et si on analysait avec froideur cette affaire de Serge Aimé Coulibaly retenu finalement pour organiser le spectacle de la 27e édition du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO ) ?

Il apparait de toute évidence que le chorégraphe burkinabè, de renommée internationale, réclamait la somme de 400 millions F CFA pour organiser le show.  Un engagement contractualisé avec le délégué général du FESPACO, un compatriote burkinabè, qui lui aussi évolue à l’international.

L’on se demande légitimement si ce dernier a prospecté  le vivier local qui fait un admirable travail.  S’il avait essayé, il aurait trouvé  sur son chemin des grands noms qui accepteraient l’enveloppe de 75 millions F CFA  fixée par le budget du FESPACO et même en deçà. Aujourd’hui, l’affaire est réglée,  mais le doute persiste sur ce qu’empochera Serge Aimé Coulibaly. S’en tire-t-il avec les 85 millions F CFA qu’il réclamait en dépassement ou les 75 millions F CFA, conformément au budget?

Au-delà de la question pécuniaire, cette affaire est révélatrice des difficultés que traverse le FESPACO. Il est parasité par des problèmes aussi anciens et récents liés à son statut et à des velléités autonomistes. Il se susurre que des patrons du  FESPACO étaient aussi puissants que leur ministre de tutelle. Serait-ce le cas aujourd’hui ? Comment le délégué général en vient à contractualiser avec un prestataire, au-delà des limites prescrites par  les textes règlementaires, sans informer au plus vite sa hiérarchie ? Le plus intriguant, il garde le silence, depuis l’éclatement de cette histoire.  

La ministre aussi n’a pas épilogué sur le sujet ; ce qui a  fait courir entre-temps, la rumeur. On peut le lui concéder et ce n‘est pas la première fois. Tout porte à croire que c’est sa posture. Elle avait gardé le silence dans  la précédente affaire des 96 millions F CFA du V8, montée de toutes pièces pour la salir.

Le mensonge peut courir aussi vite, mais il finit toujours par être  rattrapé par la vérité. C’est le lieu de dire que la ministre, portée par le souci de la gestion vertueuse et saine des finances publiques, s’est crue en devoir d’inviter au respect de la réglementation. Avec toute la légalité et la légitimité.

Elle ne l’aurait pas fait si le FESPACO, dans sa présumée autonomie, était parvenue à mobiliser les fonds nécessaires à l’organisation du festival. A ce point, on aurait compris et pardonné des dépenses de prestige.  Si les apports des partenaires n’ont pas suffi à couvrir le budget, que la délégation du FESPACO soit obligée de recourir au ministre de tutelle pour solliciter encore l’accompagnent du gouvernement pour compléter un gap de 400 millions F CFA, il est de toute évidence que la ministre veille au bon sage des fonds alloués.

Quoi qu’on dise, on dira tout simplement que l’affaire Serge Aimé Coulibaly a eu le mérite de révéler à la face du monde les libertés que se permettent les hommes commis à la gestion des affaires publiques. Elle devra permettre au gouvernement de cerner le problème dans sa globalité et de se  réinventer pour  proscrire  de tels abus.

C’est aussi l’occasion d’inviter avec force, les autorités à exploiter au maximum

l’expertise locale pour des grands rendez-vous internationaux comme le FESPACO qui devraient leur servir de rampe de lancement pour accéder au marché international.

Source : ArtistesBF

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