Les courriers postaux : témoignages d’une époque glorieuse

Avant de lire les témoignages de quelques personnes témoins de la période des lettres postales, le responsable du centre national du traitement du courrier, Boukary DIANDA explique le processus de tri et de distribution du courrier.

Boukary DIANDA : Le traitement consiste à recevoir les courriers déposés par les clients. Ces courriers sont acheminés au centre sous forme de dépêches. Une fois la dépêche reçue, nous l’ouvrons pour vérifier les éléments d’adressage, les éléments d’authentification, la régularité des timbres, tier et enliasser selon la destination et procéder à l’enregistrement du courrier. Il faut noter qu’il y a deux types courrier à savoir le courrier enregistré et le courrier ordinaire. Le premier est traité dans les cabines et mis dans les sacs postaux tandis que le second est aussi mis dans des sacs y compris les éléments d’adressage puis déposés à l’aérogare ou à l’aéroport pour acheminement.

« Maintenant, pour s’adapter à l’évolution technologique, nous avons mis en place des produits digitaux .. »

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Témoignages de quelques usagers de la poste

Luc Zoungrana, président des petits commerçants devant la SONAPOST.

Je suis devant la SONAPOST depuis 1984. Pour envoyer un courrier ou une lettre, il fallait passer par la SONAPOST. C’était le seul endroit où on pouvait envoyer des courriers.

Pour envoyer les lettres hors ou à l’intérieur du pays, c’est nous qui vendions les enveloppes, les cartes postales, les cartes d’anniversaires sur lesquelles sont dessinées de jolies fleurs, les cartes de noël, en batik et des cartes peintes. Ce sont les blancs qui aimaient plus les cartes en Batik dessinées à la main.

Les timbres variaient selon la destination du pays. Pour envoyer une lettre en Côte d’ivoire, il fallait coller un timbre de 40f, en France c’était entre 90 et 100 frs. Il y avait des cartes postales en photo,

Avec la venue de l’internet, il n’existe plus cette chaleur humaine parce quand tu écrivais une lettre et que la personne lisait, il se sentait près de toi et il pleurait des larmes de joie.

A cette époque, aux temps des fêtes de noël, du nouvel an et de la paques, les vendeurs faisaient des chiffres d’affaires au moins 100.000 francs par jour. Aujourd’hui, nous ne vendons qu’aux missionnaires et aux élèves avec un faible volume de vente.

Yvette Sanfo/COULIBALY : Je me rappelle de la période dans les années 1980 à 2000. En ce temps, il n’y avait ni internet, ni téléphone portable et c’est par la lettre postale qu’on pouvait avoir les nouvelles de la famille. Et vraiment grande était la joie quand le postier annonçait que vous avez une lettre. Et là, il faut lire et relire la lettre pour être sûr qu’on a déchiffré tous les mots. Ce n’est pas que nous regrettons la période. Mais c’est le fait qu’on ne s’exprime plus par écrit. Avec les SMS, ce n’est pas satisfaisant parce qu’ils ne permettent pas à des amoureux de montrer ce qu’on ressent envers l’autre.

Madame Mariam OUEDRAOGO. A Chaque contexte sa période. La nôtre était aussi belle. Je veux parler de l’époque des lettres, des correspondances. Hebdomadairement, chacun attendait avec le cœur qui battait. On avait l’air d’une délibération. Et pourtant, ce n’était rien d’autres que des lettres. J’étais à l’actuel Nelson MANDELA qu’on appelait dans le temps le cours normal des jeunes filles. Quand le postier arrive et qu’il appelait votre nom pour remettre votre courrier, c’était la joie. Et ceux qui n’avaient pas eu vous regardaient comme si vous étiez une star.

Raphaël THIOMBOANO . Je dois dire que la poste a bercé notre jeunesse parce qu’il n’y avait pas d’autres liens de communication avec les parents. La lettre était la route ou le chemin qui vous donnait les nouvelles. Et quand je recevais au Cours normal de Antoine Roche de Ouahigouya, une lettre venant de mes parents, la joie était immense. Et c’était plus intéressant lorsque j’étais en France pour mes études supérieures. On est tout heureux de partager avec les autres camarades voltaïques de l’époque les nouvelles que je recevais du pays. C’était souvent une atmosphère de joie mais aussi de peine.

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